Pourquoi il vaut mieux passer pour un virtuose que pour un bosseur

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Vous pensez qu’en accumulant les heures vous allez vous faire bien voir par votre boss. C’est un mauvais calcul. Selon une étude britannique, les entreprises préfèrent les collaborateurs talentueux à ceux pour qui tout paraît facile.

 

Si vous voulez percer dans votre métier, faites en sorte de passer pour un petit génie à qui tout semble naturel. C’est le conseil qui s’impose au vu des résultats d’une étude menée par Chia-Jung Tsay, professeur de psychologie à l’University College de Londres, qui a été repérée par Le Monde. Chia-Jung Tsay a fait écouter 2 morceaux de piano à un échantillon de personnes, en leur disant que le premier était joué par un virtuose, au talent naturel, et que le second était joué par un musicien qui avait travaillé des années pour arriver à ce niveau.

L’échantillon de personnes devait noter les deux prestations. Résultat: les gens plébiscitent le virtuose par rapport au besogneux. Sauf qu’en fait, c’était la même personne qui jouait.

La chercheuse a voulu vérifier si cette préférence pour le talent au détriment du travail pour un niveau de prestation identique, était juste spécifique à l’art ou si c’était généralisable. Elle a donc fait la même expérience en début d’année dans le monde de l’entreprise avec pour cobayes des start-up à la recherche de fonds.

Un défaut d’appréciation lourd de conséquences

Chia-Jung Tsay a demandé à un échantillon de personnes, certains étant des investisseurs expérimentés et d’autres pas, de juger les chances de réussite de ces entrepreneurs en se basant sur la pertinence des pitch, le business plan, le marché visé … Résultat: dans le cas où le start-uper est présenté comme un travailleur, il lui fallait 4 à 5 ans d’expérience supplémentaire que le talentueux naturel et des capitaux propres plus élevés pour convaincre les investisseurs.

Ce défaut d’appréciation peut conduire à écarter des entrepreneurs prometteurs. Mais aussi, dans le cadre des recrutements à mal évaluer les candidats à l’embauche. Alors que les gens ayant de fortes capacités de travail ont au final plus de chances de réussir que les gens qui se reposent un peu trop sur leurs dons.

En attendant, si vous êtes un besogneux, faites semblant d’être un virtuose. “Si les gens savaient à quel point il m’a fallu travailler dur pour maîtriser mon art, cela ne leur semblerait pas du tout merveilleux”, aurait dit Michel-Ange.

 

Par Laure Closier édité par C.C.

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